Une page d’histoire se tourne à Dixville. Après quatre décennies de dévouement envers sa communauté, la mairesse Françoise Bouchard quittera la vie politique municipale à la fin de son mandat cet automne. À 84 ans, celle qui a marqué l’histoire locale en devenant la première femme à siéger au conseil municipal en 1984 laisse derrière elle un héritage remarquable.
«Je pense avoir fait le tour du jardin», lance-t-elle avec un sourire lors de son passage à notre émission de midi. C’est presque par hasard que Mme Bouchard est entrée en politique. Alors que son mari s’était vu offrir une place au conseil municipal et avait décliné, elle a décidé de tenter sa chance… et a été élue.
Une pionnière en politique municipale
En 1984, la politique municipale était encore largement dominée par les hommes. Son élection comme conseillère a donc marqué un tournant pour la municipalité. « Jamais une femme ne s’était présentée à Dixville avant moi », raconte-t-elle. Aujourd’hui encore, elle demeure la seule femme au sein du conseil municipal. «Ça a évolué, mais il reste encore du travail à faire», déplore-t-elle.
Des projets structurants et une passion intacte
Parmi ses réalisations les plus marquantes, Mme Bouchard souligne le développement domiciliaire des mini-maisons, un projet qu’elle a su mener à terme. Elle mentionne aussi avec fierté l’achat des bâtiments excédentaires du CIUSSS, où la Municipalité souhaite aménager un nouvel hôtel de ville et des logements à prix abordables.
« Le nouveau développement où on a eu des mini maisons. [...] Et puis notre projet d'achat des bâtiments excédentaires du CIUSSS [de l'Estrie], où on veut faire notre hôtel de ville et des logements à prix abordables. Ça, c'est quelque chose que je ne pourrais pas finir de réaliser à cause de la lenteur administrative du gouvernement. Mais ça va se terminer au prochain mandat. »
Elle admet cependant que les lenteurs administratives et les démarches bureaucratiques ont freiné certains dossiers. «Les papiers, les demandes de subventions, les titres, c’est tout un casse-tête.»
La relève reste à définir
Alors que sa retraite approche, Mme Bouchard n’a pas encore identifié de successeur ou successeure. «Il y a sûrement des gens dans la population qui y songent, mais je n’ai pas eu d’échos encore.» Son conseil aux aspirants maires ou mairesses? «C’est un emploi très gratifiant, surtout quand on est bien entouré.»
Un village qu’elle chérit profondément
Dixville compte environ 800 habitants, mais offre une panoplie de services que bien des villages pourraient lui envier : parc municipal, piste de type pumptrack, piscine, terrain de tennis, et surtout, une qualité de vie précieuse, selon la mairesse. «C’est la plus belle municipalité du Québec, et même du monde», lance-t-elle, visiblement émue.
Une retraite bien méritée… mais toujours engagée
À 84 ans, celle qui est désormais la doyenne des mairesses au Québec affirme qu’elle ne passera pas sa retraite devant la télévision. «Je vais continuer de m’impliquer dans les comités municipaux et profiter de ma famille : enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants… Je ne resterai pas les bras croisés, c’est certain.»