Alors que l’accès à la terre devient un luxe inabordable pour de nombreux aspirants agriculteurs, un petit organisme estrien veut renverser la vapeur. Terre-Libre, un OBNL basé en Estrie, lance la campagne de financement «Terres en héritage» pour finaliser l’achat d’une terre de 200 acres à Saint-Isidore-de-Clifton. L’objectif: la soustraire du marché spéculatif et la rendre accessible à long terme à des projets agricoles durables.
«Il nous manque environ 75000$ pour boucler l’achat, les frais de notaire, de mutation et compléter la mise en fiducie», explique Marc-Sylvain Pouliot, président de Terre-Libre. «Mais une fois cette étape franchie, la terre ne sera plus jamais vendue. Elle appartiendra à une fiducie d’utilité sociale et écologique.»
L’objectif est de faciliter l’accès à la terre pour des projets agroécologiques (maraîchage, agroforesterie, apiculture, érablière), explique Marc-Sylvain Pouliot, président de Terre-Libre.
«On s'est donné comme mission de rendre l'accès à la terre, puis de rendre aussi l'accès aux aliments que la terre peut produire. Donc, toute cette générosité qu'on peut avoir accès quand on est qui, justement, quand on peut y avoir accès.»
Le projet se développe en partenariat avec la Coopérative Les Jardins de Victoria, tout en favorisant la sécurité alimentaire locale et la préservation des terres agricoles via une fiducie d’utilité sociale, dit-il.
Une terre, des projets
La terre visée se trouve sur le 9e rang à Saint-Isidore-de-Clifton, en Estrie. Elle présente une belle diversité: espaces boisés, terres cultivables, érablière, et même des possibilités en apiculture ou en cueillette forestière.
« Actuellement, la Coopérative Les Jardins de Victoria y mène déjà des activités maraîchères, et on veut sécuriser cette occupation à long terme », précise le président de Terre-Libre. À terme, plusieurs petits projets pourraient cohabiter sur le site, partageant des infrastructures et des pratiques écologiques.
Une terre protégée, une communauté nourrie
L’organisme voit dans cette acquisition un levier pour renforcer la sécurité alimentaire locale, tout en offrant un modèle de propriété collectif, non spéculatif et tourné vers l’avenir.
«C’est un petit projet, mais qui a une portée immense. C’est une façon très concrète d’investir dans l’agriculture de demain, dans l’autonomie alimentaire, et dans un autre rapport à la terre», soutient Marc-Sylvain Pouliot.
Comment contribuer?
Les dons peuvent être faits directement via la plateforme La Ruche ou en visitant le site de l’organisme à www.terreslibres.org.