Dans le cadre de notre série d'entretiens avec les candidats à la mairie de Sherbrooke, nous avons posé une grande question : quels sont vos projets concrets pour améliorer la qualité de vie quotidienne des citoyens? Une question vaste, certes, tant le bonheur est subjectif. Pour certains, cela passe par de meilleures infrastructures; pour d'autres, par des espaces publics attrayants, une plus grande sécurité ou encore des milieux de vie mieux pensés.
Or, si l'on se fie au sondage «Sherbrooke au service de ses quartiers» mené par Léger en novembre 2024 auprès de 3690 répondants, la satisfaction générale reste élevée :
- 73 % se disent satisfaits ou très satisfaits de la qualité des services municipaux;
- 91 % jugent que la qualité de vie à Sherbrooke est bonne ou très bonne;
- 81 % recommanderaient Sherbrooke à des proches.
Les priorités identifiées par les citoyens dans ce même sondage : la protection des milieux naturels et l’entretien des infrastructures. Ces enjeux sont également au cœur de la démarche stratégique 2024–2030 de la Ville, intitulée Sherbrooke au service de ses quartiers, qui vise notamment à renforcer le sentiment d’appartenance des citoyens.
Rais Kibonge (Sherbrooke Citoyen): Des quartiers complets et inclusifs
Pour le chef de Sherbrooke Citoyen, Rais Kibonge, la qualité de vie passe par la mixité sociale et des quartiers complets. Il souhaite utiliser le levier de l’urbanisme pour créer des milieux de vie où les citoyens peuvent vivre, travailler et consommer localement.
«Grâce à une meilleure planification, on peut bâtir des quartiers dynamiques, avec des services de proximité, qui évitent aux gens de devoir tout faire en voiture», explique-t-il. Il mise aussi sur le développement de pôles communautaires, économiques et culturels dans les quartiers désignés.
Vincent Boutin (Indépendant): Gouvernance et participation citoyenne
De son côté, le candidat indépendant Vincent Boutin croit que la qualité de vie passe d’abord par un changement dans la gouvernance municipale.
«Quand la tête dirigeante se chicane, quand la confiance est rompue entre élus et fonctionnaires, ça se ressent jusque dans les quartiers», affirme-t-il.
Il veut aussi intégrer les citoyens aux commissions municipales, un espace de décision actuellement inaccessible pour la population, selon lui. «On ne peut pas bien répondre aux besoins sans inclure ceux qui les vivent.»
Marie-Claude Bibeau (Indépendante): Une ville bien gérée et à l’écoute des organismes
Pour Marie-Claude Bibeau, la qualité de vie repose sur une gestion saine des finances municipales, mais aussi sur des partenariats solides avec les organismes communautaires et culturels.
«Il faut que les élus et les organismes se parlent régulièrement, pas seulement lors de rencontres ponctuelles», insiste-t-elle. Elle prône une approche collaborative pour mieux comprendre les besoins du milieu et y répondre de façon équilibrée — entre centre-ville et arrondissements, entre jeunes familles et aînés.
Guillaume Brien (Vision Action Sherbrooke): Miser sur l’expérience citoyenne
Enfin, Guillaume Brien, chef de Vision Action Sherbrooke, mise sur l'amélioration de l'expérience citoyenne. Il donne l’exemple du déneigement: pourquoi ne pas permettre aux citoyens de suivre en temps réel l’arrivée des camions via une application?
«Ce sont souvent de petits irritants qui affectent le quotidien. On doit miser sur l’innovation pour que l’interaction avec la Ville soit plus positive.»
Il souligne aussi l’importance de la sécurité dans les parcs et les rues, surtout pour les jeunes familles: «La Ville a un rôle essentiel à jouer pour qu’on se sente bien et en sécurité chez soi.»
Conclusion : des visions différentes, une même ambition
Si les propositions varient, tous les candidats s'entendent sur un point : Sherbrooke est une ville où il fait bon vivre, et il faut bâtir sur cette base solide pour répondre aux défis de croissance, de gouvernance et d’inclusion sociale. Améliorer la qualité de vie est une ambition commune, mais les chemins pour y parvenir sont aussi variés que les candidats en lice.