Tous les candidats à la mairie de Sherbrooke s'entendent: la ville est fin prête à étendre la collecte des matières organiques à l’ensemble des multilogements. Un consensus clair, mais quelques nuances apparaissent quant à la manière d’y parvenir.
Actuellement, environ 71% des logements sherbrookois sont déjà desservis par la collecte de matières organiques. Si les élus confirment les investissements requis dans le prochain budget, le déploiement complet pourrait entrer en vigueur à l’été 2026, avec un potentiel de détourner jusqu’à 3000 tonnes métriques de matières organiques des sites d’enfouissement dès la première année.
Mais tout n’est pas gagné. L’approche volontaire testée dans le cadre du projet pilote a révélé certaines limites, notamment auprès des restaurateurs et des propriétaires d’immeubles, peu enclins à modifier leurs pratiques sans encadrement plus strict.
Une volonté politique partagée, mais des approches variées
Raïs Kibonge, de Sherbrooke Citoyen, estime qu’il est temps de s’inspirer de villes comme Drummondville, qui ont réussi ce virage en combinant règlementation ferme et accompagnement:
«Il est anormal de pouvoir composter dans une maison, mais pas dans un plex. Il faut avoir le courage d’avancer.»
Marie-Claude Bibeau, candidate indépendante, plaide pour une approche plus globale de la gestion des matières résiduelles, incluant les partenaires régionaux comme Valoris et Récup Estrie. Elle souligne toutefois que le temps des projets pilotes est révolu: «Il faut cesser de repousser les décisions. Sherbrooke est prête.»
Communication et souplesse, des enjeux clés
Pour Guillaume Brien, de Vision Action Sherbrooke, l’adhésion citoyenne passera par une communication claire et une réglementation municipale flexible: «Le dialogue est essentiel. Il faut reconnaître ceux qui innovent et accompagner plutôt que de sanctionner.»
Même son de cloche chez Vincent Boutin, candidat indépendant, qui insiste sur l’impossibilité de faire marche arrière: «On ne peut plus reculer. Chaque tonne enfouie a un coût, aujourd’hui et pour les générations futures.»
Une décision attendue au budget
Reste à voir si les engagements se traduiront concrètement lors du prochain budget municipal. Les investissements pour les nouveaux camions, conteneurs et campagnes de sensibilisation seront cruciaux pour mener ce virage à terme.
D’ici là, la volonté politique est là, et la population sherbrookoise pourrait être au cœur d’un tournant écologique majeur d’ici 2026.
Écoutez le dossier du journaliste Jean-François Desaulniers.