Lors de son passage très attendu à l’Assemblée générale de l’ONU, le président des États-Unis, Donald Trump, a offert un discours aussi spectaculaire qu’inquiétant. Un véritable feu d’artifice, mais du genre qui éclaire davantage les dérives que les grandes idées. Une performance d’une heure, là où les chefs d’État prennent habituellement la parole pendant quinze minutes.
Donald Trump, fidèle à lui-même, a attaqué de front l’ONU, qui selon lui, ne fonctionne tout simplement pas. Il a qualifié les changements climatiques de «fraude», accusé l’organisation de financer les mouvements migratoires, et affirmé qu’il aurait empêché la guerre en Ukraine s’il avait été président en 2022. Rien de nouveau sous le soleil trumpiste, mais une constance dans la provocation qui sidère encore.
Un discours, plusieurs cibles
L’homme fort du populisme américain ne s’adressait pas tant à l’assemblée internationale qu’aux sympathisants de la mouvance MAGA, au-delà même des frontières des États-Unis. En attaquant frontalement les institutions globales, Trump cherche à renforcer une Internationale populiste. Dans son sillage, on retrouve des figures comme Jair Bolsonaro au Brésil, Nigel Farage au Royaume-Uni, ou encore Javier Milei en Argentine, qu’il a rencontré après son discours. Tous partagent une défiance envers le multilatéralisme et les élites globales, et tous voient en Donald Trump une figure tutélaire.
Aux yeux de Donald Trump, les États-Unis n’ont plus besoin d’alliés pour dominer le monde. L’OTAN, l’OMS, l’UNESCO et même l’ONU seraient des fardeaux inutiles. Ce rejet de l’ordre international traditionnel remet profondément en question le rôle des États-Unis comme pilier du monde occidental.
Un nouvel axe sans Washington
Cette posture trumpienne crée un vide. Et ce vide, certains pays occidentaux tentent désormais de le combler. On observe l’émergence d’un nouvel axe diplomatique, qui, tout en étant historiquement proche des États-Unis, cherche aujourd’hui à exister sans eux. En témoigne la reconnaissance récente de l’État palestinien par des pays comme le Canada, la France et le Royaume-Uni, contre l’avis de Washington. Il y a dix ou quinze ans, une telle dissension aurait été impensable.
On assiste donc à une redéfinition des équilibres. Un Occident sans leadership clair, où les anciennes alliances s’effritent sous la pression d’un populisme décomplexé. Et ce phénomène n’est pas sans conséquences.
Car les institutions visées par Donald Trump, bien que parfois imparfaites, sont issues d’un consensus historique né des traumatismes de la Seconde Guerre mondiale. Elles ont permis, malgré tout, de limiter les grands conflits entre puissances et d’ouvrir des canaux de dialogue entre ennemis. Remettre en cause leur utilité, comme le fait Trump, c’est aussi fragiliser les garde-fous d’un monde déjà sous tension.
Médecins vs gouvernement: bras de fer en santé
Pendant ce temps, au Québec, un autre rapport de force attire l’attention: celui entre les médecins de famille et le gouvernement Legault. Après les spécialistes, c’est au tour des omnipraticiens de durcir le ton. Formation des étudiants suspendue, boycottage du dossier de santé numérique : les moyens de pression se multiplient.
Mais qui est réellement de mauvaise foi dans cette négociation? Le ministre de la Santé, Christian Dubé, semble prêt à faire des compromis. Il a déjà réduit la portion de la rémunération liée à la performance de 25% à 1%. Son objectif, réorienter une partie des salaires pour améliorer les services aux patients. Un principe pourtant banal dans la plupart des secteurs.
Mais les fédérations de médecins s’y opposent avec vigueur. Depuis 30 ans, chaque réforme se heurte à cette même résistance corporatiste. Malgré les hausses salariales significatives accordées au fil des années, au nom d’un rattrapage qui devait accroître la productivité, le réseau de la santé n’a pas vu les résultats escomptés. Pire, la productivité a stagné, voire diminué.
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