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Dr Denis Soulières, hématologue-oncologue

Dépistage du cancer du sein: pour un accès dès 40 ans

Dépistage du cancer du sein: pour un accès dès 40 ans
Un examen pour le cancer du sein. / AdobeStock

Jean-Sébastien Hammal a reçu en entrevue le Dr Denis Soulières, hématologue-oncologue et porte-parole scientifique et médical de la Société canadienne du cancer, pour réagir à la récente recommandation de l’INESSS, qui propose de débuter le dépistage du cancer du sein chez les femmes à partir de 45 ans.

Une mesure perçue par plusieurs comme un pas dans la bonne direction, mais que d'autres jugent encore insuffisante par rapport aux standards d'autres provinces canadiennes, où le dépistage commence dès 40 ans.

Une avancée, mais encore trop timide

Pour Dr Soulières, il faut bien distinguer la position scientifique de l’applicabilité terrain. Si l’INESSS recommande 45 ans pour le moment, elle reconnaît tout de même la validité des arguments scientifiques en faveur d’un dépistage dès 40 ans.

«Je pense qu’il faut voir cette recommandation comme une étape positive, mais clairement, les données scientifiques sont en faveur d’un dépistage dès 40 ans», affirme-t-il.

Il rappelle qu’il y a deux ans, le Québec avait déjà élargi son programme pour inclure les femmes jusqu’à 75 ans, et que cette décision actuelle s’inscrit dans une logique similaire d’élargissement progressif.

Une hausse inquiétante des cas chez les femmes plus jeunes

Les données sont sans appel qu'entre 1998 et 2021, les cas de cancer du sein chez les femmes âgées de 45 à 49 ans ont augmenté de 18%. Cela représente 207 cas pour 100000 femmes. Dr Soulières note aussi une hausse marquée chez les trentenaires et même les femmes dans la vingtaine.

«Ce n’est pas propre au Québec. Cette tendance est observée à l’échelle mondiale, et elle concerne plusieurs types de cancer», explique-t-il.

Les causes? Difficiles à identifier précisément. Mais les facteurs environnementaux, la consommation d’alcool débutée plus tôt, le tabagisme passé, et surtout l’augmentation du surpoids et de la sédentarité sont pointés du doigt. Ces facteurs contribuent à ce que le médecin appelle une inflammation tissulaire chronique, propice au développement de certains cancers.

Le rôle crucial du dépistage précoce

Beaucoup de femmes hésitent à passer un test de dépistage, de peur de recevoir une mauvaise nouvelle. Pourtant, le dépistage précoce change tout : il permet de détecter des tumeurs plus petites, de limiter les traitements agressifs, et surtout d’améliorer les chances de survie.

«Plus la tumeur est détectée tôt, plus le traitement est léger, efficace, et moins toxique. C’est un gain majeur pour la patiente, mais aussi pour le système de santé», insiste le Dr Soulières.

Le Québec enregistre un bon taux de participation aux programmes actuels (environ 65 à 70%), mais il estime qu’un élargissement dès 40 ans pourrait sauver encore plus de vies et réduire les coûts à long terme.

Prothèses mammaires, aluminium et autres préoccupations du public

Le médecin a également répondu aux nombreuses questions des auditrices et auditeurs.

Par exemple, les prothèses mammaires ont-elles un lien avec le cancer du sein? Oui, mais seulement certains types anciens de prothèses, désormais retirés du marché. Les modèles récents, placés sous la glande mammaire, ne sont pas associés à un risque accru.

Quant à l’aluminium dans les tissus d’oricie (comme mentionné par une auditrice), il s’agissait d’une hypothèse déjà contestée il y a plus de 20 ans, sans fondement scientifique solide à ce jour.

Et si on n’a pas de médecin de famille?

À celles qui se demandent où se faire dépister, surtout sans médecin de famille, Dr Soulières répond que des centres désignés de dépistage existent au Québec depuis plus de 25 ans. Aucune prescription n’est requise pour les femmes de 50 ans et plus, et on espère que cette accessibilité sera bientôt élargie aux 45-49 ans, voire 40-44 ans, selon les décisions politiques à venir.

Conclusion: agir maintenant, sauver demain

En terminant, Dr Soulières rappelle que le cancer du sein touche aussi certains hommes, bien que de façon plus marginale. Il salue l’intérêt du public, et envoie un message clair: «Le dépistage, c’est la stratégie la plus simple et la plus efficace pour sauver des vies. Il faut le rendre accessible, et encourager les gens à y avoir recours sans peur.»

Le mois d'octobre est le mois de la sensibilisation au cancer du sein.


À écouter aussi: La revue de presse de Paul Arcand Retard dans les chirurgies pour un cancer: «L'univers des top guns n'a pas donné l'effet escompté»

Écoutez l’entrevue accordée à l’animateur Jean-Sébastien Hammal.

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