Lors de sa chronique politique à l’émission Que l’Estrie se lève, le chroniqueur Philippe Léger n’a pas mâché ses mots en dénonçant le laxisme du système judiciaire québécois, au lendemain d’un 14ᵉ féminicide en 2025. L’homme soupçonné du meurtre à Saint-Jérôme, Jonathan Blanchet, avait pourtant été arrêté plus de 30 fois, en plus de posséder un lourd passé de violence conjugale.
«À quel moment on décide que cette personne-là représente un danger pour la société?», a lancé M. Léger, visiblement ébranlé. Il a aussi souligné l’ironie troublante de voir les ex-conjointes du suspect devoir elles-mêmes alerter la nouvelle conjointe sur les dangers, dans une forme de justice parallèle créée par l’inaction du système officiel.
Cette sortie survient alors que la sécurité publique est à nouveau au cœur de l’actualité, notamment après une fusillade à Laval dans un Starbucks survenue en plein jour, qui soulève d'autres questions sur la montée de la violence armée et le sentiment d’insécurité grandissant.
Le retour de Coiteux : un repositionnement du PLQ vers la droite?
Sur un autre ton, Philippe Léger a commenté le retour de Martin Coiteux dans l’entourage du PLQ, cette fois comme président de la commission politique du parti. Coiteux, ancien ministre sous Philippe Couillard, est souvent vu comme l’un des architectes de l’austérité libérale entre 2014 et 2018. Une époque marquée par des compressions sévères dans les services publics.
«C’était le calculateur froid, l’économiste derrière les colonnes de chiffres, les coupes dans les orthophonistes et les centres de réadaptation. Le visage même de l’austérité», a résumé M. Léger. Son retour laisse entrevoir une volonté du Parti libéral de réaffirmer son ancrage économique, dans un contexte où la CAQ et même le Parti québécois s’ancrent de plus en plus au centre-droit.
Philippe Léger voit dans ce repositionnement un pari électoral assumé. «Le PLQ a toujours été le parti du patronat, des chambres de commerce. S’il veut regagner des régions comme la Beauce, la Capitale-Nationale ou même l’Estrie, il doit parler d’économie et séduire l’électorat entrepreneurial.»
Reste à savoir si ce virage sera perçu comme un retour aux sources ou comme un calcul stratégique opportuniste. Jean-Sébastien Hamel, l’animateur, a d’ailleurs posé la question: est-ce que le PLQ suit simplement la tendance en virant à droite, comme les autres? Philippe Léger nuance: «Le PLQ gagne sur les enjeux économiques. Il perd sur les questions identitaires. C’est là qu’il peut se démarquer. Mais pour que ce repositionnement fonctionne, il faudra qu’il soit crédible et assumé.»
Écoutez la chronique politique de Philippe Léger tous les matins à 6h30, du lundi au vendredi.