Près de 800 millions de tonnes de résidus miniers amiantés jonchent toujours les sols des régions de Val-des-Sources et de Thetford Mines. Héritage d’une industrie aujourd’hui disparue, ces résidus représentent à la fois un défi environnemental majeur et une occasion économique.
C’est dans cette optique que l’Université de Sherbrooke a lancé, en mai 2024, une chaire de recherche sur la valorisation des résidus miniers amiantés, co-dirigée par le professeur Gervais Soucy, du Département de génie chimique et biotechnologique.
Soutenue par un financement gouvernemental de 3 M$ sur cinq ans, la chaire vise à développer des solutions technologiques pour extraire, à partir de ces résidus, des métaux critiques tels que le magnésium, le nickel ou le cobalt — très recherchés dans les secteurs des technologies vertes, de la santé et de l’énergie.
«On veut transformer un problème environnemental en moteur de développement économique durable», résume le professeur Soucy.
Une approche rigoureuse et progressive
Dès les premiers mois, l’équipe a consolidé ses bases : recrutement de chercheurs, mise en place d’équipements, et surtout, réalisation d’un vaste inventaire des recherches et brevets existants sur le sujet, couvrant les 50 dernières années. L’objectif : éviter de répéter les erreurs du passé et s’inspirer des avancées oubliées.
«Il y a eu des succès, comme des projets d’absorption de CO₂ ou de production d’hydrogène. Il faut les revisiter avec les connaissances actuelles», affirme M. Soucy.
Les résultats de cet inventaire seront présentés en novembre lors de la conférence Québec Mine.
Un projet ancré dans sa région
L’idée de la chaire est née à la suite des audiences publiques sur l’environnement de 2018-2019. Avec l’Université de Sherbrooke comme seul pôle universitaire dans le secteur, les attentes sont grandes.
«Il y a ici un contexte régional porteur, une urgence environnementale et un potentiel technologique. Tous les ingrédients sont réunis pour que ce soit un succès», conclut le professeur Soucy.
La science pourrait donc, cette fois, redonner à ces régions ce que l’industrie de l’amiante leur a laissé en héritage, une promesse d’avenir.
Écoutez l'entrevue accordée aux animateurs Steve Roy et Valérie St-Jean.