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Elizabeth May prête à sonner l'alarme au sujet de l'urgence climatique

Elizabeth May prête à sonner l'alarme au sujet de l'urgence climatiquePhoto: La Presse canadienne
Elizabeth May

OTTAWA — Elizabeth May a été tellement accablée par l'incapacité du Parti vert à gagner de nouveaux sièges lors des dernières élections fédérales qu'elle a voulu confier les rênes du leadership à quelqu'un d'autre.

Mme May a même sollicité des successeurs potentiels pour mener le parti jusqu'à la prochaine campagne.

Quatre ans plus tard, alors qu'un autre scrutin national se profile, elle est soulagée que personne d'autre n'ait levé la main. Mme May estime que la course à venir sera une excellente occasion d'être «brutalement honnête» avec les Canadiens pour éviter une catastrophe climatique.

«Je suis ravie d'être chef à l'élection qui nous permettra de faire la plus grande différence», a déclaré Mme May en entrevue.

Elizabeth May dirige les verts depuis 13 ans, ce qui fait d'elle la personne comptant le plus d'années à la tête d'un parti fédéral. Arrivée à un âge où d'autres prennent leur retraite, la politicienne de 65 ans continue de sillonner le pays pour entendre les préoccupations des Canadiens à l'approche des élections du 21 octobre.

«Je n'ai jamais cru en l'équilibre travail-vie personnelle. Mon travail est ma vie, ma vie est mon travail, a affirmé Mme May. J'ai toujours eu une mission, une vocation, pas une carrière.»

Mme May est née aux États-Unis et y a passé son enfance. Sa mère était active dans les mouvements pour la paix et les droits civils et en tant que militante politique — des efforts qui ont laissé une marque indélébile sur la jeune Elizabeth, alors qu'elle vivait dans les régions rurales du Connecticut.

Un jour, l'agneau bien-aimé de la famille est mort mystérieusement. Au collège, quelques années plus tard, Mme May a eu connaissance d'une intoxication aux pesticides chez des moutons en Arizona. Son enquête dans la ville de Bloomfield, au Connecticut, a révélé que des pesticides avaient bien été pulvérisés sur les routes où l'agneau aimait se promener.

Une longue expérience en environnement

Une environnementaliste était née. Mme May jouera par la suite un rôle déterminant dans le mouvement contre un projet d’épandage aérien d’insecticides dans les forêts de la Nouvelle-Écosse.

Mme May est arrivée au Canada à l'adolescence, en 1972, lorsque sa famille, frappée par la beauté du Cap-Breton, a ouvert un restaurant sur la piste Cabot.

Les maigres finances de ses parents ont empêché Mme May de faire des études de premier cycle universitaire, mais elle a plus tard été admise à l'Université Dalhousie de Halifax, où elle a obtenu un diplôme en droit.

En 1986, elle est devenue conseillère principale en politiques auprès de Tom McMillan, ministre de l'Environnement de l'époque dans le gouvernement progressiste-conservateur de Brian Mulroney. Mme May a été embauchée malgré son manque de références dans le parti, précisément parce qu'elle était le genre de personne qui serait capable de démissionner par principe — ce qu'elle fera après deux ans.

Elle a toutefois participé, avant son départ, à la création de plusieurs parcs nationaux et à la négociation du Protocole de Montréal relatif à la protection de la couche d’ozone.

Elle travaillera ensuite pour de nombreuses causes environnementales, de consommation et autochtones. Mme May quitte son poste de directrice générale du Sierra Club du Canada en 2006 pour se présenter avec succès à la direction du Parti vert. Cinq ans plus tard, elle l'emporte dans la circonscription de Saanich-Gulf Islands, en Colombie-Britannique, et devient la première députée élue du parti.

Malgré l'expérience de Mme May en matière d'environnement et le nom même du parti, les verts n'ont jamais été un groupe à thème unique, souligne-t-elle. Le parti fera campagne sur une plateforme, approuvée par le directeur parlementaire du budget, qui précise ses politiques dans des domaines tels que l'éducation, la politique étrangère et la justice sociale.

Dans sa volonté de mener une campagne à faibles émissions de gaz à effet de serre, le parti ne louera pas d’avion pour Mme May. Elle voyagera principalement en véhicule électrique, en autobus et en train. Cependant, elle prendra l'avion si nécessaire et achètera des crédits de compensation de carbone.

Elle espère que son appel direct à l'action pour le climat fera écho auprès des électeurs qui souhaitent envoyer le message que l'avenir des enfants canadiens n'est pas négociable.

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