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Grand Prix du Brésil | Coups de chaleur en série

Grand Prix du Brésil | Coups de chaleur en série

Ce n’est jamais fini tant que ce n’est pas terminé, disait le légendaire Yogi Berra, aussi célèbre pour ses exploits sur un terrain de baseball que pour ses déclarations parfois étranges (c’était bien avant les «perronismes», du nom d’un ex-instructeur des Canadiens). «It’s not over ‘til it’s over». S’il y a une phrase qui résume parfaitement ce Grand Prix, c’est bien celle-là!

Parce que, disons-le, pendant la majeure partie de la course, il ne s’est pas passé grand-chose. En avant, le Top 5 semblait immuable et le seul intérêt était de suivre les stratégies des équipes pour la gestion des pneus – et encore, cet aspect n’intéresse que les mordu(e)s. Bref, comme on dit en bon québécois, c’était plate à mort. D’autant plus qu’il n’y avait pas d’enjeu: Hamilton a déjà été couronné, Mercedes a remporté un sixième championnat des constructeurs d’affilée… Qui finira troisième chez les pilotes et qui finira cinquième chez les constructeurs, on s’en sacre un peu. Ce n’est pas avec ça qu’on fracasse des records d’audience.

Jusqu’au 60e des 71 tours, on s’ennuyait ferme. Le peloton roulait sagement derrière la voiture de sécurité, dont la sortie avait été causée par l’abandon de Valtteri Bottas, huit tours plus tôt. À la reprise de la course, on ne s’attendait à rien parce que d’habitude, il ne se passe pas grand-chose là non plus. Sauf que cette fois, tout était encore possible: il restait une dizaine de tours et plusieurs pilotes avaient profité de l’interruption pour changer de pneus.

Ferrari vs Ferrari

La relance fut épique. Hamilton et Verstappen ont assuré le spectacle devant, s’échangeant la position de tête. Une bataille rude, mais propre. Puis, six petits tours plus tard, l’impensable s’est produit: un accrochage entre les deux Ferrari a causé leur élimination. Le pire scénario pour une écurie.

«Bon, je vais encore écrire un blogue sur le manque de leadership au sein de la Scuderia», me suis-je alors dit.

Amanda Perobelli - Pool Photo / The Associated press

Source: Amanda Perobelli - Pool Photo / The Associated press

Ça me tiquait un peu, quand même: j’avais peur de me répéter. En revanche, cela tombait bien parce qu’avant cet accrochage, je me demandais bien avec quel angle j’allais aborder cette course monotone et sans véritable enjeu.

J’avais oublié le vieil adage évoqué plus haut, version course automobile: ce n’est pas fini tant que le drapeau à damiers n’a pas été agité. Pendant que le safety car (comme on dit en France) était de retour en piste, Mercedes a fait un choix stratégique, disons, discutable: ils ont appelé Hamilton aux puits pour changer ses pneus. À cinq tours de la fin! À Sky TV, je pensais que le commentateur britannique était pour s’évanouir…

On connaît la suite: une nouvelle relance à deux tours de la fin, Hamilton et Albon s’accrochent et le pilote Mercedes, pénalisé, perd sa troisième place. Évidemment, les dénigreurs - haters et autres conspirationnistes - du sextuple champion du monde se sont déchaînés. Et pourtant… de controverse, il n’y eut point: Hamilton a reconnu ses torts en débarquant de sa voiture et les commissaires l’ont pénalisé. Fin de l’histoire.

Cela dit, s’il y a une personne sur cette planète qui avait parié sur un podium Verstappen-Gasly-Sainz, elle a dû faire un sacré coup d’argent!

Graham Hughes / La Presse canadienne

Source: Graham Hughes / La Presse canadienne

Stroll: une chance qu’il y a les Williams…

Il y a des petits rigolos sur ma page Facebook, je vous l’ai déjà dit. L’un d’eux a rebaptisé Ferrari la «Screwderia», ce qui lui sied très bien; un autre parle de «Lent Stroll» lorsqu’il est question de notre grand espoir canadien. En début de saison, j’ai titré à deux reprises: «Une chance qu’il y a les Williams». Jamais deux sans trois.

Tant l’écurie Racing Point que Lance Stroll ont raté une belle occasion au Brésil. Pourtant, le Montréalais a montré, par le passé, qu’il pouvait tirer profit de ce genre de course rocambolesque. Pas cette fois. Comme disent les Français, il a passé le week-end aux abonnés absents, en qualifications (comme d’habitude), mais aussi en course, où il a encore fait de la figuration.

Je veux bien croire que l’écurie appartient à son père, mais elle n’en est pas moins redevable: aux actionnaires, aux commanditaires… L’autre pilote, Sergio Perez, marque régulièrement des points, ce qui est exactement ce dont une écurie de milieu de peloton a besoin. Un «ramasseux» de points, dirait-on en bon québécois. Il y a un pilote correspondant à ce profil qui est disponible la saison prochaine: Nico Hulkenberg.

Pour ne pas humilier le fils Stroll (et ne pas démolir sa confiance), l’écurie pourrait lui confier le rôle de pilote d’essai. Un peu de recul pour revenir plus fort: la recette a déjà fonctionné avec d’autres pilotes. En course, Stroll est capable de suivre le rythme mais en qualifications, il n’avance pas. En prenant régulièrement le départ en fond de grille, il part avec une prise contre lui. Il doit absolument régler cette lacune parce qu’elle coûte cher à son écurie. Très cher.

Le rôle de troisième pilote ne pourrait que lui faire du bien. À lui et à son équipe.

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