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Grand Prix de Russie | À vaincre sans péril…

Grand Prix de Russie | À vaincre sans péril…

Course peu divertissante, remportée sans grand panache par un éternel deuxième : voilà qui résume ce Grand Prix de Russie disputé, pour la première fois de la saison, devant des spectateurs qui ont dû boire beaucoup de vodka pour avoir un peu de plaisir!

On a encore eu droit au podium habituel – deux Mercedes et une Red Bull –, mais pas dans l’ordre habituel : Verstappen s’intercalant entre les deux Mercedes. Et si Bottas a enfin réussi à devancer Hamilton, c’est parce que ce dernier a subi une pénalité de 10 secondes pour un geste bénin, mais néanmoins proscrit. 

Les commissaires ont d’ailleurs distribué des pénalités à gogo, infantilisant les pilotes comme jamais auparavant dans l’histoire de la F1. Leur power trip a commencé lors des dernières années du règne Ecclestone et il est grand temps que les dirigeants actuels de la F1 les convoquent pour leur rappeler leur rôle : ils sont des acteurs de soutien, ce n’est pas eux qui font le spectacle.

À Sotchi, ils ont carrément changé l’issue de ce Grand Prix, en offrant la victoire sur un plateau d’argent à Valtteri Bottas. En franchissant la ligne d’arrivée, le placide Finlandais a voulu se donner un côté badass en lançant un virulent « f… you » à ses détracteurs. Il n’y avait pourtant pas de quoi se péter les bretelles : les commissaires lui ont fait un cadeau. N’eût été cette pénalité disproportionnée, il aurait terminé derrière Hamilton. Comme d’habitude.

Le pilote Mercedes, Valtteri Bottas, au Grand Prix de Russie

Source: Le pilote Mercedes, Valtteri Bottas, au Grand Prix de Russie

Le fantôme

Dire que Bottas constitue une déception est un euphémisme : contrairement à son prédécesseur, Nico Rosberg, il n’a jamais constitué une menace pour Lewis Hamilton depuis son arrivée chez Mercedes. Même pas proche… À sa première saison, en 2017, il avait pourtant bien fait avec trois victoires – ce qui est la moindre des choses quand on conduit la meilleure voiture du plateau ! La saison suivante a été catastrophique : zéro victoire pour Bottas et la cinquième place au classement général, contre 11 victoires et la couronne de champion pour son coéquipier. Catastrophique, j’insiste.

Puis, il y a eu l’illusion – brève – du « Bottas 2.0 ». D’aucuns pensaient qu’il ne se remettrait jamais du K.O. infligé par son coéquipier; en 2013, Mark Webber avait subi la même humiliation chez Red Bull, aux mains de Sebastian Vettel, et il avait préféré abandonner la F1. Bottas, lui, est revenu avec force, en entreprenant la saison 2019 avec le couteau entre les dents. Lors du premier Grand Prix de la saison, en Australie, il avait dominé Hamilton tout le week-end, en qualifs comme en course. « Bottas 2.0 », avais-je titré. Nous avons été nombreux à tomber dans le panneau, à croire que le Finlandais avait peut-être l’étoffe d’un champion…

L’illusion a été de courte durée. Hamilton est redevenu Hamilton, Bottas est redevenu Bottas, et il a sauvé l’honneur en ne se faisant pas de nouveau blanchir par son coéquipier. Malgré ces prestations peu convaincantes, son contrat est renouvelé chaque année avec Mercedes. Il faut dire que le boss de l’écurie est aussi son agent… Ça aide.

Bottas mérite d’être en F1, personne n’en doute. Mais a-t-il sa place dans une écurie de pointe ? Poser la question…

Gaspillage

On peut se poser la même question à propos d’Alexander Albon, qui fait de la figuration chez Red Bull depuis le début de la saison pendant que son coéquipier, Max Verstappen, monte sur le podium à chaque course, ou presque. Comme Bottas, Albon chausse des souliers trop grands pour lui.  (D’ailleurs, je ne m’explique toujours pas le double standard des dirigeants de Red Bull, leur patience avec Albon versus leur impatience avec Gasly. Mystère.)

Pendant ce temps, Sergio Pérez termine 4e à Sotchi, avec une voiture ne disposant pas des dernières évolutions, réservées à son coéquipier (et fils du propriétaire de l’écurie), Lance Stroll. Et Daniel Ricciardo accumule les points dans une Renault. Imaginez ce que ces deux pilotes feraient dans une Red Bull ou, mieux encore, une Mercedes…

Et que dire de Charles Leclerc, brillant 6e à Sotchi, après avoir encore dominé Vettel de la tête et des épaules. En voilà un autre qui mériterait une monture à la mesure de son talent !

Que de potentiel gaspillé, que de bons volants attribués à des pilotes qui ne les méritent pas! Et avant que vous me posiez la question, je n’inclus pas Lance Stroll parmi ceux-là. Le pilote montréalais s’est exponentiellement amélioré depuis la saison dernière – sa voiture aussi, soyons honnête – et il n’y était pour rien dans son accident au départ de la course. Dans son cas, on jugera à la fin de la saison.

Chose certaine, l’écurie Aston Martin aura besoin d’un Lance Stroll en pleine possession de ses moyens la saison prochaine. Ne nous trompons pas : l’embauche de Vettel est un pari. Verrons-nous le Vettel des deux dernières années, complètement dépassé par les événements? Ou assisterons-nous à la résurrection du quadruple champion du monde ? Lawrence Stroll a parié sur le deuxième scénario. On verra s’il a misé sur le bon cheval, mais si ce n’est pas le cas, fiston en aura beaucoup sur les épaules. Il ferait bien de commencer à les élargir dès maintenant.

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