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GP d’Émilie-Romagne | Pas de cataclysme, mais un grand mystère

GP d’Émilie-Romagne | Pas de cataclysme, mais un grand mystère

Les superstitieux prédisaient déjà l’apocalypse : le Grand Prix d’Émilie-Romagne marquait le retour de la F1 à Imola, ce « circuit maudit » depuis un certain week-end noir de 1994, mais aussi parce qu’il fut le théâtre d’un terrible accident dont le regretté Gilles Villeneuve est sorti miraculeusement indemne, en 1980. N’oublions pas la célèbre « trahison » de Didier Pironi aux dépens du même Villeneuve, deux ans plus tard. Pis encore, il s’agissait de la 13e course de la saison ! Le week-end de l’Halloween, en plus… La table était mise.

Il n’y eut point d’apocalypse. L’écurie Mercedes a signé un autre doublé (Hamilton devant Bottas), récoltant ainsi un septième championnat des constructeurs d’affilée. Daniel Ricciardo, brillant troisième, a récolté quant à lui un deuxième podium en trois courses pour Renault. Bref, jusque-là, pas de cataclysme, ni de grand bouleversement.

Cela dit, Imola n’a pas complètement failli à sa réputation : il y a tout de même eu cinq abandons - un nombre élevé dans la F1 d’aujourd’hui. Et pas les moindres : Pierre Gasly, étincelant en qualifications et brillant 5e au moment où on lui a intimé l’ordre de rentrer aux puits en raison d’un problème moteur, au 8e tour; et surtout, Max Verstappen, victime d’une crevaison en fin de course, après avoir réussi à s’intercaler entre les deux Mercedes. Un autre qui ne voudra plus retourner à Imola…

Les pilotes Lance Stroll et Sergio Pérez, de l'écurie Racing Point, dimanche

Source: Les pilotes Lance Stroll et Sergio Pérez, de l'écurie Racing Point, dimanche

Stroll s’enfonce

À quelque chose malheur est bon, dit-on. L’abandon de Verstappen, à 13 tours de la fin – alerte superstition ! – a entraîné la sortie de la voiture de sécurité, ce qui a eu pour effet de pimenter un Grand Prix jusque-là bien fade. Daniil Kvyat, qui ne sera sans doute pas de retour la saison prochaine, y est allé d’un baroud d’honneur qui l’a finalement mené au pied du podium, devant Charles Leclerc (qui a encore laminé Vettel) et Sergio Pérez. Et c’est là que ça devient rocambolesque…

Avant l’incident de Verstappen, le Mexicain disputait une solide course – une autre – pendant que son coéquipier, Lance Stroll, était, encore une fois, invisible. « Lent Stroll » : on l’entendait moins, celle-là, en début de saison. Mais depuis son épisode COVID, le Montréalais ressemble de plus en plus au pilote complètement perdu des deux saisons précédentes. Qualifié 15e – derrière une Williams, humiliation suprême ! -, Fiston a terminé 13e, encore derrière une Williams… Ce faisant, il ne marquait aucun point pour une quatrième course d’affilée. Pire encore : il a happé un de ses mécanos pendant un arrêt aux puits ! Quand ça va mal…

La mystérieuse stratégie de Racing Point

Contrairement à son coéquipier, Sergio Pérez s’est brillamment repris en course après une séance de qualifications décevante pour lui aussi. Au point où un podium était envisageable – pas assuré, mais possible. Or, qu’a fait son écurie ? Elle lui a intimé l’ordre de rentrer aux puits. Il y avait là un air de déjà-vu chez Racing Point. Rappelez-vous de Silverstone, où on a fait le même coup à Nico Hulkenberg, venu remplacer Pérez au pied levé (COVID-19). Il n’en fallait pas plus pour que les complotistes se déchaînent : Papa Stroll ne voulait pas qu’un remplaçant termine devant Fiston. Avaient-ils raison ou tort ? Qu’importe, l’histoire s’est répétée à Imola.

A-t-on voulu priver Pérez d’un podium ? Le Mexicain, doit-on le rappeler, a perdu son volant aux mains de Sebastian Vettel et les observateurs sont de plus en plus nombreux à se demander si Lawrence Stroll a choisi le bon pilote pour épauler un quadruple champion du monde qui n’est plus l’ombre de lui-même. S’il fallait, en plus, que Pérez monte sur le podium…

D’autant qu’il y a de plus en plus d’indices qui laissent croire que les relations ne sont plus au beau fixe entre Pérez et Lawrence Stroll. Se pourrait-il que ce dernier, qui ne veut pas perdre la face, veuille nuire aux chances du Mexicain de se reloger dans une écurie de pointe (Red Bull, pour ne pas la nommer) ?

En Formule 1, ce genre de choses relève plus de la réalité que de la théorie du complot, hélas. Encore plus que dans d’autres sports professionnels, les écuries qui appartiennent à des milliardaires à l’ego démesuré sont soumises à leurs caprices.

Heureusement, personne n’est dupe. Dans le paddock, tout le monde connaît la réelle valeur de Sergio Pérez. Et celle de Lent Stroll.

Quart de nuit
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