S'il y a un projet de loi qui ne fait pas l'unanimité à l'heure actuelle à l'Assemblée nationale, c'est bien celui sur une éventuelle Constitution du Québec.
Un projet qui est porté par le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette.
Écoutez à ce sujet Louis-Philippe Lampron, professeur de droit à l'Université Laval et constitutionnaliste, au micro de Philippe Cantin.
Le ministre Jolin-Barrette a apporté quelques amendements à son projet de loi. Est-ce suffisant?
«C'est un peu comme si on était confronté à quelqu'un qui avait une voiture dont le moteur était mort, il n'y avait plus de freins, etc. Puis, qui se concentrerait pour changer les miroirs, puis changer la carrosserie, puis mettre des mags absolument brillants et magnifiques. Ça ne va pas faire en sorte que la voiture va être capable de rouler», image le professeur.
«Le grand problème avec le projet de constitution caquiste, c'est la démarche qui est suivie. C'est le moment où on s'acharne à continuer à aller de l'avant avec ce qui est censé être un projet rassembleur. Avec un gouvernement, il faut le dire, depuis la démission de François Legault, qui fonctionne avec un premier ministre qui est en semi-retraite et qui va être remplacé. On ne sait pas si ça va être par Christine Fréchette ou Bernard Drainville.»
«Il y a eu beaucoup de critiques sur le fond du projet de loi, mais l'essentiel des critiques formulées, c'est le fait de sortir ça comme un lapin d'un chapeau alors que ça n'a jamais fait l'objet de quelque promesse électorale, que ce soit en 2018 ou quand la CAQ a été élue pour son deuxième mandat.»