Maintenant que le nouveau centre mère-enfant (Pavillon Enfant Soleil) de l'Hôpital Fleurimont est livré et opérationnel, le CIUSSS caresse l'idée d'obtenir du financement pour un nouveau projet majeur : un centre intégré en cancérologie. On espère voir ce projet inscrit au prochain Plan québécois des infrastructures (PQI), présenté ce mercredi.
Catherine Forget, directrice des services spécialisés, chirurgicaux et de cancérologie au CIUSSS de l'Estrie-CHUS, ne passe pas par quatre chemins : les installations en cancérologie en région ont «atteint leur limite».
L'Estrie est la seule région qui possède un centre hospitalier universitaire (CHU) à ne pas être desservie par un centre intégré en cancérologie. Un tel centre est une installation entièrement dédiée aux soins des patients atteints d'un cancer, concentrant l'ensemble des services au même endroit, dans un bâtiment souvent moderne, tranquilisant et attrayant.
Pourquoi un tel centre est-il nécessaire en région?
«Nos équipes sont un peu dispersées à Fleurimont et à l'Hôtel-Dieu. Une partie de la clinique est au sous-sol, l'autre à l'étage, une autre est à l'Hôtel-Dieu», image la Dre Annie Ebacher, radio-oncologue et cogestionnaire médicale des services de cancérologie du CIUSSS. Elle ajoute que chaque pouce d'espace est utilisé en ce moment, ce qui rend la bonification des services très difficile, voire impossible.
Le problème est donc double : tant les professionnels que les patients doivent se déplacer à gauche et à droite pour prodiguer et obtenir des soins et les installations sont tellement sollicitées qu'il devient difficilement concevable d'instaurer de nouvelles techniques de soins tant le manque d'espace est criant.
«On a fait beaucoup de miracles de ce côté, par exemple les équipes travaillent le soir et la fin de semaine pour traiter tous les patients», donne en exemple la Dre Ebacher.
Et la tendance ne ralentira pas : il y a environ 4600 nouveaux patients chaque année en cancérologie en Estrie.
En raison de tous ces facteurs, le CIUSSS a officiellement déposé au ministère de la Santé et des Services sociaux un projet visant la création d'un centre intégré en cancérologie l'automne dernier. Il aura une réponse sur un potentielle approbation mercredi, lors du dépôt du budget du Québec et du nouveau PQI, qui recense l'ensemble des projets autorisés par le gouvernement.
Espoir
Ce n'est pas la première fois que le CIUSSS formule une telle demande au ministère, mais l'établissement a essuyé quelques refus dans les huit dernières années.
Cette fois, par contre, l'établissement a espoir que son projet soit accepté, car il l'a divisé en deux phases en raison de la situation budgétaire «limitée» de Québec, explique Catherine Forget, directrice des services spécialisés, chirurgicaux et de cancérologie au CIUSSS.
La première phase, moins importante, pourrait voir le jour dans trois ans, alors que la deuxième, plus importante parce qu'elle viendrait effectivement intégrer toutes les cliniques externes de cancérologie, pourrait naître dans une dizaine d'années, soumet Mme Forget.
Aucun coût n'est encore associé à un futur projet en Estrie, mais le Centre intégré en cancérologie de Québec, inauguré en 2022, a couté 650 millions de dollars.