Après plusieurs années de misère, la DPJ de l'Estrie commence à rattraper le retard qui s'était installé entre les autres DPJ du Québec et elle. Rien n'est encore parfait, mais des pas de géant ont été faits dans la dernière année.
Dans les dernières années, la DPJ de l'Estrie était l'une des pires, sinon la pire au Québec en termes de délais d'attente pour l'évaluation des signalements. Il y a à peine 9 mois, l'attente en région était supérieure à 100 jours, alors que la moyenne des autres régions se situait autour de 30 jours.
Or, en date du 7 mars de cette année, la DPJ de l'Estrie a réussi à faire chuter ce délai d'attente à un peu moins de 37 jours, ce qui la place non loin de la moyenne québécoise, à 28 jours.
Concrètement, l'évaluation est le moment où un signalement est retenu et qu'on évalue s'il y a des risques ou non pour l'enfant. Il s'agit donc d'une étape assez importante lors de laquelle on peut détecter des anomalies ou carrément des risques pour la sécurité de l'enfant.
Selon Manon Marcotte, qui est directrice adjointe de la protection de la jeunesse en Estrie, ces améliorations s'expliquent par plusieurs raisons.
Elle note que les efforts ont été élevés, notamment pour améliorer l'organisation du travail. Une trentaine de personnes hors des équipes habituelles de la DPJ ont aussi prêté main-forte à un moment ou à un autre de la dernière année. Aussi, douze ressources permanentes ont été ajoutées par rapport à l'an dernier, ce qui a beaucoup aidé.
Malgré tout, les besoins demeurent élevés, particulièrement en raison d'une augmentation marquée des signalements faits à la DPJ de l'Estrie et, incidemment, des signalements retenus. Au 14 mars 2026, il y avait une hausse de 32% de signalements en Estrie par rapport à l'an dernier et une hausse équivalente de ceux qui sont retenus.
En ce sens, Mme Marcotte explique que la DPJ estrienne se focalisera dans la prochaine année sur la réduction des listes d'attente à l'évaluation, qui se chiffrent toujours à 328 jeunes, malgré les améliorations. Une bonification des effectifs, alors qu'il manque encore une quinzaine de personnes dans l'équipe, pourrait aider la DPJ dans ses objectifs.