Les débats font rage au sujet de l'installation de projets pilotes de «zones de chamaillage» dans certaines écoles primaires du Québec.
Ces espaces supervisés, appelés «activités ludiques turbulentes», permettent aux élèves de s’affronter physiquement selon des règles strictes de respect et de consentement.
Si certains expriment des inquiétudes majeures concernant la sécurité, les assurances et les risques d'intimidation, des experts y voient une opportunité de canaliser positivement l'énergie des jeunes, particulièrement les garçons, tout en leur enseignant à gérer l'intensité de leurs interactions sociales.
Qu'en pensez-vous?
Écoutez l'inquiétude et les recommandations d'Emilio Norcia, ex-directeur d’école, à ce sujet.
«Est-ce que c'est une activité dite à haut risque ? [...] je vous annonce immédiatement qu'aussitôt que quelqu'un dit "Hey, j'ai mal", le parent appelle à l'école. Qui a supervisé cette activité-là?»
Selon Egide Royer, psychologue et spécialiste en réussite et adaptation scolaire, ces zones ne sont pas des lieux de violence gratuite, mais des espaces d'apprentissage.
En encadrant le jeu physique, on enseigne aux enfants à distinguer la lutte amicale de l'agression.
C'est l'occasion de «modeler» des comportements positifs, comme le respect des limites de l'autre et le contrôle de soi.
«Apprendre à se comporter, apprendre à un moment donné d'avoir un jeu qui est plus turbulent ou un jeu de contact, mais être capable que ça dégénère pas en comportements violents, c'est en soi un apprentissage.»