Est-ce qu’Hydro doit faire payer le gros prix à Keel Infrastructure pour son projet de centre de données à Sherbrooke?
Invité à commenter, Yvan Cliche, spécialiste en énergie au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal, souligne les enjeux énergétiques majeurs pour Hydro-Québec, la pression sur les blocs de mégawatts et la concurrence des entreprises américaines.
Il analyse le projet controversé de centre de données à Sherbrooke, qui suscite une forte opposition populaire.
La situation n'est pas unique au Québec. Les entreprises de centres de données ont des compétiteurs.
«Tout ça fait en sorte qu’Hydro-Québec se sent en situation de pouvoir charger plus cher son électricité pour deux choses. Premièrement, protéger le client, c'est-à-dire que si on applique un tarif moyen et non pas le coût réel de l'équipement, c'est l'ensemble des clients qui devraient porter le fardeau de cette livraison d'électricité. La deuxième chose aussi, il ne faut pas l'oublier, Hydro-Québec, ça reste quand même une entreprise à qui on demande de verser une bonne partie de son bénéfice net au gouvernement. Donc, Hydro-Québec a des pressions aussi pour augmenter son bénéfice net.»
Il y a nécessité de politiques favorisant la souveraineté numérique québécoise, ajoute Yvan Cliche.
À Sherbrooke, le débat porte sur l’attribution équitable de l’électricité, les retombées économiques, la transition énergétique, et la gestion stratégique des demandes dans un contexte où le kilowattheure québécois devient de plus en plus précieux.