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La chronique politique de Philippe Léger

L'Héritage de 1995: Le Québec s'est-il séparé sans faire de pays?

L'Héritage de 1995: Le Québec s'est-il séparé sans faire de pays?
La chronique politique de Philippe Léger / Cogeco Média

Trente ans, jour pour jour, après le deuxième référendum sur la souveraineté du Québec, la tension et l'espoir qui régnaient en 1995 semblent lointains, mais les conséquences, elles, sont toujours bien présentes.

En ouverture de l'émission Que l'Estrie se lève, Jean-Sébastien Hammal a partagé l'extrait du discours de victoire que Lucien Bouchard n'a jamais pu prononcer, un texte d'une grande puissance rhétorique qui résume «toute l'histoire du Québec en quelques phrases».

Le chroniqueur Philippe Léger a souligné le talent de tribun de Lucien Bouchard et l'enracinement régional qu'il incarnait. Mais 30 ans après le résultat du Non, on se demande qui a vraiment gagné?

Selon Philippe Léger, le Canada, par crainte de raviver le mouvement souverainiste, a adopté une stratégie d'«indifférence», une sorte de «fédéralisme d'indifférence» qui évite de froisser le Québec.

«La meilleure façon pour faire face au mouvement souverainiste, dans le cas dans le camp du non, dans le camp du Canada anglais, c'est essentiellement l'indifférence.» – Philippe Léger 

L'effet pervers de cette approche est, selon lui, que le Québec a évolué sans le Canada, notamment sous la CAQ, qui propose une « indépendance psychologique » sur des enjeux clés comme l'immigration et la laïcité.

«Le Québec s'est séparé sans faire un pays au final.» – Jean-Sébastien Hammal


Une nouvelle génération sans mémoire référendaire

L'un des faits les plus frappants, souligné par l'analyste, est que toute une génération, soit les Québécois nés après 1977 (48 dernières années), n'a jamais voté sur la question de l'indépendance. Après la «morosité» politique qui a suivi l'épuisement collectif de 1995, cette génération n'a pas été «socialisée à la question indépendantiste».

Cependant, le débat risque de revenir « en force » avec la montée en popularité du Parti Québécois et de son chef, Paul St-Pierre Plamondon. Le succès du PQ dépendra de sa capacité à faire bouger «l'aiguille de l'indépendance du Québec» chez ces nouveaux électeurs.

Philippe Léger conclut en partageant une anecdote historique sur la firme de sondage Léger. En 1995, la jeune firme, contrairement aux autres, avait publié en une du Journal de Montréal un résultat de 50% pour le Oui contre 50% pour le Non à quelques jours du vote, asseyant par le fait même sa notoriété et sa légitimité pour les années à venir.


À écouter: Découvrez comment l'héritage de 1995 continue de façonner notre politique actuelle et comment la «rupture» de ce jour a créé une nouvelle dynamique entre le Québec et le Canada.

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