La Fédération des coopératives d'habitation de l'Estrie demande à la ministre Caroline Proulx de retourner à la table à dessin en lien avec son projet de loi 20 sur l'habitation, craignant une perte de mixité sociale et des impacts sur le pouvoir d'achat des ménages de la classe moyenne.
Le projet de loi 20 viendrait entre autres resserrer la vis à ces locataires dont le revenu médian établi par la loi dépasse le seuil ou barème en leur exigeant une compensation financière agissant comme un incitatif au départ.
C'est que la vérificatrice générale a déjà noté que 2722 ménages québécois bénéficiaient d'un logement abordable en coopérative, au-delà du seuil de revenu exigible.
Actuellement, ce seuil à Sherbrooke pour une personne seule est de 50 270 $, nettement inférieur à celui de Montréal (58 439 $) et de Québec (62 837 $).
Mokhtar Saada, directeur de la Fédération des coopératives d'habitation propose quelques amendements en soulignant que ces entreprises d’économie sociale sont sainement autogérées et que les compétences en gestion coopérative sont valorisées. Pour près de 2000 logements en coopérative en Estrie, très peu des locataires seraient en situation de dépassement.
Mario Mercier de l'Association des locataires est d'avis que le gouvernement doit réinstaurer un programme d'habitation abordable et viser la cible de 20% de logements hors-marché (à Sherbrooke) pour permettre de résorber la crise, plutôt que de cibler exclusivement les personnes habitant en coopérative.