Depuis cette saison, les joueurs qui ont effectué un stage junior majeur au Canada peuvent évoluer dans le circuit universitaire américain, la NCAA. Ces établissements, très souvent riches et excessivement bien équipés, tombent dans l'œil des jeunes d'ici et le circuit universitaire canadien, le USports, en pâtit. Nouvelle venue dans le portrait, l'Université de Sherbrooke espère catalyser la création d'une division 1 entièrement québécoise pour répondre à la NCAA.
À sa première année d'existence, lors de la saison prochaine, l'équipe masculine du Vert et Or évoluera en division 2. Elle a donc le loisir de piger dans des bassins de recrutement comprenant des joueurs de niveau junior AAA (A ailleurs au Canada) ou collégial, qui ne regardent pas vers la NCAA.
Mais plus tôt que tard, l'UdeS vise à intégrer la divison 1, qui compte actuellement trois équipes québécoises (UQTR, McGill et Concordia), et les choses commenceront à se corser. Comme le rapportait récemment le Nouvelliste, les universités québécoises qui évoluent en division 1 du USports souffrent de la compétition avec la NCAA.
Avec des promesses d'argent, dans beaucoup de cas, une bonne éducation, des installations souvent à la fine pointe de la technologie et une forte présence de recruteurs de la LNH, ce circuit siphonne beaucoup des meilleurs talents du Québec vers le Sud.
«C'est un défi de plus dans le recrutement, actuellement», note Jean-Benoît Jubinville, directeur du programme d’excellence Vert & Or à l'Université de Sherbrooke, qui envisage déjà devoir répondre à ce défi lors de la transition vers la division 1 dans les prochaines années.
Malgré tous les avantages énumérés ci-haut, les universités canadiennes demeurent pédagogiquement intéressantes, le niveau de jeu est bon et le personnel est hautement qualifié. Le problème principal, outre la différence dans les infrastructures, est le manque de débouchés pour les jeunes qui restent ici, estime Étienne Lafleur, agent de joueurs notamment d'âge junior chez Propulsion.
«Même si on n'avait pas l'option de la NCAA, il n'en demeure pas moins que nos jeunes, s'ils veulent rester ici, n'ont que trois options. Sinon, ils doivent aller dans les Maritimes ou dans l'Est ontarien», indique-t-il.
«Le USports, c'est une ligue qui gagne à être connue et un produit de qualité, poursuit M. Lafleur. Mais en même temps, pour qu'elle devienne attirante chez la majorité des joueurs, ça passe par une multiplicité des équipes. Pour moi, c'est un non-sens que l'Université de Montréal, l'Université Laval, l'UQAM, pour ne nommer que celles-là, n'aient pas de programmes et qu'il n'y ait pas de division 1 entièrement québécoise.»
À venir?
En ce moment, les équipes de division 1 du Québec jouent en Ontario.
«Au Québec, à trois équipes seulement, il y a définitivement un manque d'opportunités pour les jeunes Québécois. C'est certain», martèle M. Jubinville.
Selon lui, le réseau universitaire au Québec est bien au fait du problème et l'enjeu «est sur la table». La théorie avancée par MM. Jubinville et Lafleur est qu'une meilleure compétition en province augmentera le niveau de jeu et l'intérêt des recruteurs. Du même coup, l'option deviendrait plus attrayante pour les hockeyeurs.
Des rencontres sont notamment prévues prochainement pour en discuter.