Un groupe de défense de droits en santé mentale s'est rendu aux bureaux du ministre François Bonnardel et de la députée de Brome-Missisquoi, Isabelle Charest, jeudi, pour les soumettre symboliquement à une garde en établissement.
Pro-Def Estrie dénonce le projet de réforme de la loi P-38 sur la protection des personnes dont l'état mental présente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui.
Selon eux, la mesure affectera davantage les personnes marginalisées et en situation précaire.
Caroline Horrel, conseillère en communication pour l'organisme, dit que le problème, c'est le manque criant de ressources pour un accompagnement humain aux personnes en détresse.
Elle sonne l’alerte sur l’assouplissement du critère d’intervention de la Loi P-38, qui permet l’hospitalisation sans consentement pour dangerosité, déjà appliquée 20 000 fois par an au Québec.
«Au lieu d'être un critère de dangerosité pour un danger, je le répète, gravé, immédiat, ce que le projet de loi 23 propose, c'est d'assouplir le critère et de le transformer en un risque de compromission. Donc, ce que ça voudrait dire, c'est que, s'il y a présomption d'un danger potentiel réel, potentiel hypothétique. Ça pourrait être suffisant pour amener quelqu'un sur une unité de psychiatrie.»
Écoutez l’entrevue accordée à l’animateur Jean-Sébastien Hammal.