L'Université Bishop's a tenté d'ajouter 16,25 hectares à son périmètre, soit l'équivalent d'une trentaine de terrains de football américain, en s'étendant sur des terres agricoles. La CPTAQ a refusé cette démarche, laissant toutefois l'établissement s'étendre sur 3,5 hectares supplémentaires.
Essentiellement, Bishop's s'est adressée, par l'entremise de la Ville de Sherbrooke, à la CPTAQ pour faire exclure du territoire agricole de la Ville 16,25 hectares de terrain sur un lot situé entre l'autoroute 410 et le chemin Glenday.
La demande d'exclusion était une étape obligatoire, mais la Ville et l'Université se sont positionnées dès le départ comme favorables à n'obtenir qu'une autorisation d'utilisation à des fins institutionnelles, qui n'aurait pas modifié le zonage agricole de ces terres.
C'est finalement cette autorisation que la CPTAQ a octroyé, en décembre dernier, à l'Université Bishop's. Par contre, l'établissment a dû essuyer un revers : la superficie accordée est près de cinq fois inférieure à celle demandée initialement. Elle se chiffre à 3,5 hectares.
La demande était faite pour permettre à Bishop's de bonifier son programme en agriculture. En entrevue au 107,7, le doyen des sciences sociales de l'institution, le Pr Matthew Peros, ne cache pas que l'université doit maintenant repenser ses plans en raison de cette décision de la CPTAQ.
«Je ne verrais pas ça comme un ralentissement […], mais ça signifie que nous devrons penser un peu plus au projet», évoque-t-il.
Malgré tout, lorsque questionné à savoir si son université allait porter le verdict en appel, le Pr Peros répond «qu'en ce moment, [il] ne peu[t] dire ce que la finalité de cette affaire sera».
«Plusieurs personnes ici sont impliquées dans cette affaire, donc nous ne sommes pas à l'étape de savoir concrètement ce que sera la suite, poursuit-il. Nous espérons avoir des réponses à ce sujet prochainement.»
Opposition
Afin de bonifier son programme en agriculture et, à terme, y attirer une cinquantaine d'inscriptions par année, l'Université Bishop's planifie le développement de classes, de serres et d'un verger, notamment, sur le lot visé par la démarche avec la CPTAQ.
La fédération de l'Union des producteurs agricoles (UPA) de l'Estrie ne s'est pas opposé au projet de Bishop's, mais s'est inscrit en faux avec la superficie demandée. Par écrit, l'UPA s'est dite satisfaite des 3,5 hectares finalement obtenus par l'établissement, plutôt que les 16,25 initialement demandés.
Selon la décision de la CPTAQ, le lot visé possède un bon potentiel agricole.