De plus en plus, l'idée d'un centre de congrès au centre-ville de Sherbrooke prend du gallon. Le dossier doit revenir au conseil municipal dans les prochains mois et il est déjà considéré par la Société de développement Angus, mandatée en juillet par la Ville pour opérer le redéveloppement du secteur des Grandes-Fourches Nord. S'agit-il d'une solution pour les problèmes rapportés au centro?
Alors que le débat autour de la survie du centre-ville fait rage à Sherbrooke, le 107,7 Estrie a voulu sonder certaines parties prenantes sur une possibilité évoquée par l'ancienne mairesse Évelyne Beaudin en juillet dernier, lors d'un breffage technique sur le plan d'urbanisme. À l'époque, elle se questionnait sur le potentiel d'un centre de congrès à la Place de la Cité.
En réponse à nos questions, quatre personnes d'horizons différents, qui ne pouvaient pas commenter le dossier ouvertement, nous ont indiqué que l'implantation d'un centre de congrès au centre-ville était au minimum étudiée par la Société de développement Angus - certaines sources allaient même plus loin - et que l'idée s'imposait de plus en plus sérieusement au centre-ville. Le site reluqué se situerait par contre dans le secteur de l'ancien stationnement Webster, selon nos informations.
Contacté par le 107,7 Estrie, le président et chef de la direction de la Société de développement Angus, Christian Yaccarini, n'a pas répondu à notre courriel.
En plus d'Angus, la Ville va recevoir «dans les prochains mois» une étude de Raymond Chabot Grant Thornton sur plusieurs aspects touchant la faisabilité de l'implantation d'un centre de congrès au centre-ville, ont indiqué le service des communications de la Ville et le cabinet de la mairesse Marie-Claude Bibeau dans des courriels en réponse à nos questions. Cette démarche avait pris naissance en mars dernier et avait été médiatisée.
Bien accueilli
Quoi qu'il en soit, la possible arrivée d'un centre de congrès réjouit certains acteurs à qui nous avons soumis l'hypothèse. C'est notamment le cas du président de la toute nouvelle Société de développement commercial du centre-ville, Charles Picard-Duquette.
«On accueille ça à bras ouverts. […] S'il y a une place où ça doit se faire, c'est au centre-ville. Je pense que ça règlerait beaucoup de problèmes qu'on observe actuellement», signale le propriétaire de la Buvette du centro et du Glouglou, deux commerces ayant pignon sur rue directement sur Wellington Nord.
Selon lui, le fait d'amener des centaines, voire des milliers de personnes au centre-ville grâce à des congrès aiderait à remplir les restaurants et à stimuler le magasinage dans les commerces de détail du secteur. Le tourisme d'affaires pourrait par ailleurs représenter une solution fort intéressante pour relancer le centre-ville, estime M. Picard-Duquette. Le constat est similaire pour le gouvernement du Québec, qui vient d'accorder 1 million à l'Alliance touristique du Québec pour développer le tourisme d'affaires en province.
Selon nos informations, Sherbrooke pourrait fort bien en bénéficier.
«Le tourisme d'affaires est vraiment un créneau porteur pour la région. […] Ce sont des visiteurs qui dépensent beaucoup à destination», relève quant à elle Shanny Hallé, directrice de la représentation et des communications à Tourisme Cantons-de-l'Est (TCE).
Son organisme voit de ce fait la potentielle arrivée d'un centre de congrès au centre-ville d'un bon œil. Selon TCE, le tourisme d'affaires peut aussi servir à faire découvrir aux visiteurs les autres attraits, notamment naturels et patrimoniaux, de la région.
Charles Picard-Duquette dit espérer avoir des nouvelles dans ce dossier dans les prochains mois.
Écoutez le dossier d'Anthony Ouellet.