Le train de Noël qui parcourra la région ce dimanche est attendu avec impatience, même à Lac-Mégantic, théâtre d’une tragédie ferroviaire meurtrière il y a quelques années.
Selon la mairesse, Julie Morin, une partie de la population est mal à l' aise avec l’escale du convoi multicolore dans sa ville, mais les familles veulent vivre ce moment magique, malgré les événements malheureux survenus au centre-ville.
Les jeunes enfants qui n’ont pas vécu le déraillement peuvent en profiter «sans qu’on leur mette ce traumatisme-là», dit-elle.
«C'est mitigé. On s'est assuré au moins que le convoi ne s'arrête pas en plein cœur du centre-ville, là où il a déraillé. Parce qu'initialement c'était ce qui aurait été souhaité. On s'est assuré que ce soit un peu plus loin pour ne pas trop fêter autour du train alors qu'il est arrivé ce qui est arrivé chez nous. C'est particulier donc. Mais en même temps, le fait qu'il arrête ici, ça fait aussi de la magie pour les enfants qui n'ont pas cette histoire-là. Je pense que c'est important. Et surtout, il donne des sous importants au Centre d'action bénévole pour les familles plus vulnérables qui ont besoin de manger.»
À la demande des communautés
Concernant le tracé du train, André Hannoush, directeur, Affaires gouvernementales et communications pour Canadien Pacifique Kansas City (CPKC), dit qu'il est basé sur la demande des communautés.
«On amène le train, les Lumières et les artistes, mais ça prend la collaboration des municipalités pour la sécurité, etc. Donc, en grande majorité, c'est à la demande des municipalités. Mais en même temps, on fait déjà près de 200 communautés. On ne peut pas aller à toutes les communautés, donc on voit ce qu'on peut faire d'une année à l'autre. Des fois, il y a des alternances entre communautés, tout dépendant de la région.»
Stress post-traumatique
Concernant l’étude de l’INSPQ sur les impacts psychologiques, sociaux et ferroviaires à Lac-Mégantic, dix ans après la tragédie, la mairesse Julie Morin dit que le déplacement de la voie ferrée aidera les citoyens à ce chapitre.
«Tant que le train ne sera pas sorti du centre-ville, on aura toujours ce réel enjeu qui est dû à la topographie du terrain. On ne s'en sort pas. Donc oui, il y a eu des améliorations sur la loi, assurément, mais des erreurs humaines ou un train parti à la dérive, ça arrive encore ailleurs et ça pourrait arriver encore ici.»
L’étude montre que les taux de stress post-traumatique restent élevés (7,7 % contre 3,6 % à Farnham) et la population craint toujours un nouvel accident, malgré des améliorations à la Loi sur la sécurité ferroviaire.
Le projet de voie de contournement ferroviaire est en phase finale de consultation par l’Office des transports du Canada, ajoute-t-elle.